Colonel Sébastien Gras, directeur du SDIS 28 : « Le volontariat est à la base du dispositif de sécurité »

Par eurelien.fr
//  Publié le
01-12-2022
//  Mis à jour le 01-12-2022
Temps de lecture : 13 min

Le 1er juillet dernier, le colonel Sébastien Gras a pris le commandement du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) d’Eure-et-Loir, succédant ainsi au contrôleur général Jean-François Gouy. L’Eurélien Magazine a rencontré celui qui se donne notamment pour mission de préparer le SDIS aux grands enjeux de demain.

Quel a été votre parcours avant de rejoindre l’Eure-et-Loir ?

Né à Cherbourg, j’ai grandi au cœur des valeurs d’engagement, puisque mon père était sapeur-pompier volontaire. Même si j’avais parfaitement conscience des contraintes qu’imposait son investissement, notamment sur le plan de la vie familiale, j’ai pris la décision à 16 ans de suivre ses traces comme jeune sapeur-pompier volontaire dans le Calvados. Après avoir réussi le concours d’officier à 22 ans, j’ai effectué mon service militaire comme sapeur-pompier à Paris. J’ai ensuite été affecté comme adjoint au chef de centre à Beaune (Côte-d’Or), secteur marqué par les nombreux accidents de l’autoroute A6. Mon parcours m’a ensuite conduit dans l’Orne, le Calvados (où j’ai notamment assuré la préparation de grands événements internationaux, comme le 70e anniversaire du Débarquement ou le sommet du G8), la Haute-Marne, puis la Manche, en tant que directeur départemental adjoint. Je suis très heureux de rejoindre l’Eure-et-Loir en tant que directeur départemental du SDIS ; ce département réunit une belle diversité de territoires et dispose d’un SDIS bien structuré, grâce au travail mené par mon prédécesseur, Jean-François Gouy, durant 7 ans.

Quels sont vos axes de travail à la tête du SDIS 28 ?

Aux côtés du colonel Sébastien Salès, directeur adjoint, il convient d’assurer le meilleur service possible au quotidien pour celles et ceux qui composent le 112 ou le 18, tout en préparant le SDIS aux grands enjeux de demain. Préparer l’avenir implique de prendre en compte les évolutions démographiques que connait l’Eure-et-Loir avec, dans les franges nord-est, l’arrivée d’une population venant de région parisienne, tandis que d’autres territoires sont confrontés à des enjeux de vieillissement de la population. Evidemment, le changement climatique implique également des risques nouveaux pour notre département avec, à terme, des forêts qui pourraient être touchées par le feu. Le futur schéma départemental d’analyse et de couverture des risques permettra justement de répondre à ces évolutions.

Le SDIS doit également mettre son expertise au service des collectivités, des maires et des entreprises, afin de rendre intelligible notre action, et de développer une véritable culture de la sécurité civile sur tout le territoire.

Un autre enjeu majeur consiste à pérenniser le développement du volontariat. Si vous composez le 112 ou le 18 et que vous vivez en zone rurale, il y a de fortes chances que ce soit un sapeur-pompier volontaire qui soit au bout du fil. Dans ces territoires, le volontariat est la clef pour offrir une réponse opérationnelle.

 

Justement, quelle est votre stratégie pour recruter et fidéliser les sapeurs-pompiers volontaires ?

C’est vrai en Eure-et-Loir, mais également à l’échelle nationale : le volontariat est soumis à de fortes tensions. Le rapport à la notion d’engagement a changé. Il convient d’intégrer de manière souple le temps d’engagement en tant que sapeur-pompier volontaire parmi la vie professionnelle, la vie familiale, le temps de loisirs. Par ailleurs, avec l’éloignement des emplois, de nombreux sapeurs-pompiers volontaires n’exercent plus leur activité professionnelle dans le lieu où ils résident.  Mécaniquement, le temps de disponibilité se réduit. Nous devons donc intensifier le plan de développement du volontariat pour recruter et fidéliser le personnel. Il faut avoir conscience que si les gens ne franchissent pas le pas du volontariat, il n’y aura plus de sapeurs-pompiers dans les zones rurales. C’est la bonne volonté de tous qui permet de construire le dispositif de sécurité. Il faut commencer par tordre le coup à quelques idées reçues… Pas besoin d’être un surhomme pour devenir sapeur-pompier volontaire ! Cette activité peut être accomplie par tous les hommes et toutes les femmes en bonne santé. De plus, être sapeur-pompier volontaire, notamment en zone rurale, c’est pouvoir choisir le temps que l’on souhaite dédier à l’engagement. Des outils permettent en effet de se déclarer disponible ou indisponible, de façon à bien prendre en compte les contraintes de chacun.

 

 

 

L’été 2022 : des incendies contenus en Eure-et-Loir

Depuis plusieurs années maintenant, le SDIS d’Eure-et-Loir travaille avec la Chambre d’agriculture pour limiter les conséquences des départs de feu lors des récoltes. « Ayant pris mes fonctions au début du mois de juillet, j’ai pu mesurer la qualité de cette collaboration », note le colonel Sébastien Gras. Au cours de l’été 2022, même si le nombre de départs de feu aura été important en Eure-et-Loir, les incendies auront été « très contenus » en termes de superficie. Le dispositif opérationnel mis en place grâce à la mobilisation de la Chambre d’agriculteurs et les agriculteurs a permis de limiter le nombre d’hectares touchés. « Il faudra reproduire en 2023 ce qui a été accompli cette année ».

 

Le SDIS d’Eure-et-Loir, c’est :

1850 sapeurs-pompiers volontaires

230 professionnels

Une centaine de personnels administratifs, techniques et spécialisés

82 unités territoriales réparties sur tout le territoire

 

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